Sur base d'un travail d'investigation, 4 journalistes du New York Times (Jim Rutenber, Marilyn W. Thompson, David D. Kirkpatrick et Stephen Labaton) viennent de publier ce jeudi (21/02/08) un long portrait sur le probable candidat du parti républicain, John McCain (R), mettant gravement en cause l'éthique et l'indépendance de l'homme politique vis-à-vis des lobbyists à Washington DC. Cette nouvelle affaire se concentre sur le rôle d'une lobbyiste (Vicki Iseman) dans la campagne présidentielle de John McCain en 2000 et démonte totalement l'image d'un parlementaire indépendant des intérêts financiers.
Voici une traduction sauvage d'un extrait du papier : "Une lobbyiste femme avait tourné autour de lui pour les collectes de fonds, visitant ses bureaux et en l'accompagnant dans l’avion professionnel d’un de ses clients. Convaincu que leur rapport était devenu romantique, certains de ses principaux conseillers sont intervenus pour protéger le candidat malgré lui en demandant aux membres du personnel de bloquer l'accès à la femme, en avertissant la femme en privé et en le confrontant à plusieurs reprises, ont expliqué plusieurs personnes impliquées dans la campagne sous couvert d'anonymat. Quand les agences de presse ont rapporté que M. McCain avait écrit des lettres aux régulateurs du gouvernement au nom d’un client de la lobbyiste, certains anciens associés de campagne ont craints pendant un certain temps que l'attention des médias tombe sur sa participation. M. McCain, 71 ans, et la lobbyiste, Vicki Iseman, 40 ans, tous les deux disent qu'ils n'ont jamais eu de rapport romantique. Mais pour ses conseillers, même l'apparence d’une relation étroite avec une lobbyiste dont les clients ont souvent eu des affaires avec le comité du Sénat que M. McCain a présidé met en difficulté l'histoire de droiture et de rectitude qui définit son identité politique.
Cela fait presque qu’une décennie depuis qu'une faveur officielle pour un ami ayant des problèmes de normalisation avait presque fini la carrière politique de M. McCain en l’entraînant dans le scandale de Keating Five. Dans les années qui ont suivi, il s'est réinventé comme combattant des intérêts spéciaux, un militant pour une éthique plus stricte et des règles de financement de campagnes électorales, un homme d'honneur châtié par la brosse de la honte. Mais les soucis concernant le rapport de M. McCain avec madame Iseman souligne un paradoxe persistant dans sa carrière post-Keating. Même lorsqu’il s'était voué à s’en tenir aux normes morales les plus élevées, sa confiance en sa propre intégrité a parfois semblée l'aveugler par rapport aux conflits d’intérêts potentiellement embarrassants. M. McCain a promis, par exemple, de ne jamais voler en avion directement de Washington à Phoenix, sa ville natale, pour éviter de donner l'impression de défendre un intérêt propre parce qu'il a commandité une loi qui a ouvert cet itinéraire il y a presque une décennie. Mais comme d'autres législateurs, il a souvent volé sur des jets d’affaires appartenant à des corporations cherchant son appui, y compris des magnats de médias comme Rupert Murdoch, Michael R. Bloomberg et Lowell W. Paxson, tous des clients de madame Iseman (il a voté l'année dernière pour finir cette pratique)"
Jeffrey Birnbaum et Michael Shear du Washington Post ont embrayé sur le même sujet en fournissant d'autres détails allant dans le même sens, citant de nouvelles déclarations sous couvert d'anonymat et déclenchant ainsi une avalanche médiatique contre le candidat républicain.
Deux informations de grands journaux démenties vigoureusement par le principal intéressé qui a déjà lancé une riposte contre "la campagne de dénigrement alimentée par les journalistes". Ainsi, l'article du NY Times devient pour l'équipe de McCain un argument politique pour récolter des fonds : "Nous avons besoin de votre aide pour contre-attaquer l'establishment libéral et contrer le New York Times, faites une contribution immédiate aujourd'hui", écrit son directeur de campagne RickDavis dans un courriel envoyé jeudi après-midi aux sympathisants du candidat républicain.
Un deuxième effet bénéfique de cette contre-pub pour le camp McCain est de provoquer l'union des républicains autour de sa personne. De Mike Huckabee à Rush Limbaugh, tous les commentateurs républicains rivalisent de propos pour apporter leur soutien à John McCain.
De quoi motiver les journalistes d'investigation pour publier de nouveaux détails sur cette curieuse liaison de campagne. Sex, argent et politique, toujours la même recette qui occupe les politiques... et donc les journalistes.
jeudi 21 février 2008
New York Times contre John McCain
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mehmet
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14:49
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Libellés : John McCain
mercredi 6 février 2008
mardi 5 février 2008
Super Tuesday en direct depuis Salt Lake City
Aujourd'hui (05/02/08), je vais suivre le Super Tuesday depuis le QG de Mitt Romney à Salt Lake City (Utah). L'ambiance ici est assez étrange : Salt Lake City est la capitale des LDS (ou Mormons) et Mitt Romney (premier candidat mormon à la Maison blanche) est pratiquement assuré de gagner les primaires dans l'Etat d'Utah mais la plupart des gens que je rencontre sont persuadés que son concurrent, John McCain, remportera la nomination républicaine à l'échelle du pays. Du coup, de nombreux électeurs républicains à Salt Lake City annonce déjà qu'ils voteront pour Barack Obama (ou contre Mc Cain) lors des élections générales pour autant que celui-ci décroche la nomination du côté démocrate.
La configuration politique est exceptionnelle à plusieurs égards : les 4 candidats en tête des sondages ont chacun une caractéristique "handicapante" : Barack Obama est noir, Hillary Clinton est femme, John Mc Cain est trop vieux (71 ans) et Mitt Romney est mormon.
J'ai été écouter Michelle Obama hier soir dans un méga-centre de réunion à Salt Lake City, voici quelques extraits de son discours :
Avec un bilan désastreux laissé par George W Bush, il me semble que c'est l'année des Démocrates et la personne qui décrochera la nomination du parti deviendra, à mon avis, le prochain Président des Etats-Unis.
Je vous donne rendez-vous ce soir (cette nuit pour vous) pour une séance de [live-blog] où je vous propose les résultats détaillés de ces primaires. N'hésitez pas à réagir et me poser des questions, je commence à comprendre de mieux en mieux le système électoral américain...
samedi 2 février 2008
[live-blogging] - Débat MTV/MySpace avec les candidats démocrates
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mehmet
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22:09
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Dennis Kucinich et la marginalisation médiatique
Ce vendredi (01/02/08), j'ai rencontré le député Dennis Kucinich (D-Ohio) dans son bureau à Cleveland. Opposé à la guerre en Irak avant tous les autres candidats, opposé aux accords de libre échange (NAFTA) provoquant la délocalisation des entreprises industrielles dans sa région, défenseur du service public d'électricité, entretenant des rapports étroits avec le monde syndical et l'univers des retraités, Dennis Kucinich était probablement l'un des candidats les plus "social-démocrate" dans cette course présidentielle américaine mais il a quitté le débat pour se concentrer sur sa campagne nationale en vue de préserver son siège de député à la Chambre des représentants (House of representatives) où Kucinich termine son 6e mandat. Le mandat d'un député américain est de 2 ans (et celui de sénateur 6 ans), ce qui explique que les élus sont en campagne électorale continue la deuxième année de leur mandat pour assurer leur réélection.
Voici quelques extraits vidéos de ma rencontre avec Dennis Kucinich où il critique notamment les médias, critique la politique étrangère américaine, critique la "propagande autour du 11 septembre et de la guerre en Irak", explique son plan pour mettre fin à l'occupation américaine et explique l'emprise des intérêts privés sur le message médiaque.
J'avais entendu parler de Dennis Kucinich en Belgique comme étant le candidat qui a vu des objets volants non identifiés (ovni) mais interpellé sur le sujet il m'a répondu que "ce genre d'interrogations fait partie de la stratégie des médias visant à marginaliser certains candidats et distraire le peuple des véritables questions importantes".Le plus impressionnant dans le bureau du député amércain ? Sa femme Elisabeth dont l'apparence physique est aussi éblouissante que sa connaissance du système politique américain. Je lui ai demandé si elle comptait se présenter un jour au Sénat ou à la Chambre, dès qu'elle aura obtenu la nationalité puisqu'elle est britannique, et elle n'a pas répondu par la négative...
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mehmet
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10:33
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Libellés : Dennis Elisabeth Kucinich
vendredi 1 février 2008
USA, ce futur pays latino
MIAMI – Ce mardi (29/01/08), la cantine pour retraités Smathers Senior Center s’est rapidement transformé en bureau de vote 575 pour accueillir les électeurs du quartier dans le cadre des primaires particulièrement décisives pour les candidats républicains. En face d’un vieux piano et deux drapeaux, le comté de Miami-Dade a installé 12 machines à voter électroniquement (iVotronic à écran tactile) que le législateur floridien a déjà décidé de remplacer par un nouveau système de bulletins papiers (à lecture optique) suite à de nombreux cas de fraudes et d’erreurs constatées lors des deux précédents exercices électoraux.
‘Police-Deputy’ chargé de la sécurité devant le bureau de vote 575, Elesbaan Jzambrano s’exprime, comme la plupart des électeurs de ce bureau, difficilement en anglais. "J’ai fui la maffia de Fidel à Cuba vers Madrid puis j’ai été attiré par le rêve américain. Cela fait maintenant 32 ans que je vis à Miami avec mes enfants et mes petits-enfants. A Cuba, je gagnais ma vie comme
décorateur d’intérieur mais j’ai dû quitter le pays pour fuir le régime communiste. Arrivé aux Etats-Unis, j’ai commencé à travailler dans les pompes à essence pour ensuite créer ma propre société 5 ans plus tard avec un associé et finalement prendre ma retraite à 65 ans", explique M. Jzambrano en utilisant au mieux son vocabulaire "spanglish".
Devançant les noirs américains, les Latinos représentent 15 % de la population aux Etats-Unis dont 65 % sont d’origine mexicaine. Majoritairement catholiques, même si de plus en plus de Latino-américains se convertissent au protestantisme, cette importante communauté linguistique compte un grand nombre de jeunes et d’illégaux dans le pays. La dernière étude du Pew Hispanic Center indique que "57 % des électeurs latino-américains préfèrent le parti démocrate contre 23 % pour les républicains".
Mais contrairement à la majorité de l'électorat latino-américain, Elesbaan Jzambrano préfère voter pour les candidats républains. "Miami et ses exilés cubains forment un électorat très particulier. Ils sont largement anti-castriste et penchent généralement dans le camp républicain parce que Kennedy était le président démocrate qui avait raté le déparquement de la baie des cochons mais les choses changent rapidement et de plus en plus d'Américano-cubains s'enregistrent
comme électeur démocrate", explique Silvia Rosabal, vice-présidente et co-directrice d'Univision, la 5e plus grande chaîne de télévision américaine. "L'ensemble des candidats s'intéresse à l'électorat latino comme ils ne l'avaient jamais fait auparavant. Barack Obama avait négligé le vote latino mais dès qu'il a perdu le Nevada qui compte une grosse communauté hispanique, un nouveau conseiller a été nommé pour s'occuper uniquement des latino-américains." D'après la presse locale, les espoirs de Barack Obama dépendent de sa capacité à convaincre ou non l'électorat latino. Dans le camp républicain, c'est John McCain qui part favori pour les électeurs latinos principalement pour son position relativement "pro-immigration" par rapport à ses concurrents républicains (Mitt Romney, Mike Huckabee et Ron Paul).
L'un des présentateurs-vedettes d'Univision et spécialiste de la minorité latino aux Etats-Unis raconte qu'"au début, personne ne voulait nous parler en espagnol. Je me souviens encore du temps où les élus nous répondaient : ‘Peut-être que mon chauffeur ou mon jardinier parle espagnol, vous pouvez parler avec lui pas avec moi’. Quand Bob Dole était candidat [républicain] à la présidence, il ne voulait pas nous parler. Il pensait que les Latinos n’étaient pas vraiment importants. Aujourd’hui, les 4 candidats républicains viennent débattre sur les plateaux d’Univision. Ce n’est pas parce qu’ils nous aiment ou qu’ils nous trouvent intéressants mais c’est parce qu’ils ont tout simplement besoin de nous. Soit ils nous parlent, soit ils perdent les élections, c’est aussi simple que cela. Beaucoup de gens ne s’en rendent pas vraiment compte mais l’électorat latino a décidé de l’issue des deux dernières élections.
Etant donné que nous sommes à nouveau dans une campagne très serrée, il est fort probable que les Latinos joueront à nouveau un rôle décisif dans le choix du prochain Président des Etats-Unis. En 2000, le candidat George W Bush a vraiment fait un effort pour communiquer en espagnol et pour communiquer avec l’électorat latino. On peut même supposer que les 500 voix décisifs qui ont fait basculer la Floride dans le camp républicain étaient des électeurs americano-cubains parlant seulement l’espagnol qui ont préféré Bush au candidat démocrate [Al Gore]. Les derniers jours de la campagne présidentielle en Floride étaient très intéressants car Al Gore avait décidé de ne pas utiliser de la propagande en langue espagnole alors que l’équipe de Bush avait investi des milliers et des milliers de dollars pour la publicité électorale en espagnol à Miami. Lors de la campagne présidentielle 2004, si seulement 67.000 électeurs latinos avaient voté pour Kerry au lieu de Bush dans le Nevada, le Colorado et le Nouveau Mexique, c’est John Kerry qui aurait été élu à la Maison blanche.
Pour cette campagne 2008, nous allons avoir environ 9 à 10 millions d’électeurs hispanophones qui iront aux urnes le 4 novembre prochain lors des élections générales et à nouveau ce sont eux qui feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Ce qu’il se passe en ce moment sur le plan démographique aux Etats-Unis est vraiment quelque chose de très important. Avec cette vague latino, on assiste vraiment petit à petit à une ‘latinisation’ des Etats-Unis. En bref, ce pays est en train de se transformer et les études indiquent que d’ici 2025, il y aura plus de Latinos vivant aux Etats-Unis que des Blancs non hispanophones (« non hispanic whites »). Il est fort possible que d’ici une centaine d’années, les Etats-Unis deviennent un pays latino. Le processus est vraiment enclenché et l’hispanisation des Etats-Unis est visible dans les tous les domaines (musique, litterature, média, langage) y compris dans la manière dont on se nourrit. Je donne toujours ces exemples anecdotiques : il y a plus de sauce salsa vendu aux Etats-Unis que du ketchup et plus de tortillas que du bacon. La raison de ce changement est purement mathématique : les Latinos font généralement plus d’enfants (3 par famille) que les autres groupes ethniques (2 par famille). Je ne sais pas mais peut-être qu’on s’aime plus [rires]. Il faut aussi ajouter à ce facteur de natalité, l’immigration illégale. Chaque minute qui passe, il y a un immigré qui passe illégalement la frontière mexicaine et entre aux Etats-Unis dans le but d’y rester.
D'après cet expert qui préfère garder l'anonymat, "tout candidat qui ne décroche pas au moins 30 % des électeurs latino perd tout simplement les élections américaines".